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Pour les prisonniers fraternels


Comme je voudrais être à vos côtés

est-ce que par hasard je n’y suis pas déjà?

j’ai des barreaux dans mon regard

des cadenas à mes pieds

et de la tristesse dans mes nuits.

Mais pendant les jours clairs vit

la mémoire ineffaçable

du chant et de la joie

de ceux qui sont déjà partis

et qui nous ont porté avec eux.

Des prisonniers fraternels

qui sont sortis menottés

vers une autre prison lointaine.

Et de leur vole aérien

leurs yeux sont venus pour nous envahir

et leurs mains sont là

à côté de nos mains

de luttes implacables

des histoires infinies.

Qu’aujourd’hui personne ne pleure l’adieu.

Demain, des bûchers de victoires

seront témoins des chants libérés

des prisonniers fraternels

en réunissant dans un soleil

les traces si profondes

des irréductibles.

Comme je voudrais être à vos côtés

est-ce que par hasard je n’y suis pas déjà?

Je pressens l’aube.

09/11/1976

Diego Salazar Luongo